Le microbiote
intestinal influence fortement l'efficacité et la toxicité de la chimiothérapie.
La
chimiothérapie altère la barrière intestinale et réduit la diversité du
microbiote, entraînant des effets secondaires.
Le
microbiote peut optimiser la réponse anti-tumorale de la chimiothérapie,
notamment par la translocation de bactéries spécifiques dans la circulation
sanguine qui active l'immunité.
Inversement,
une flore perturbée peut diminuer l'efficacité des médicaments ou augmenter la
chimiorésistance, par exemple avec Fusobacterium nucleatum présente dans la flore orale
humaine ainsi que dans le tractus intestinal, est impliquée dans la progression
du cancer colorectal. (=En stimulant la prolifération des cellules
cancéreuses et en diminuant l'activité des lymphocytes T cytotoxiques, F. nucleatum y
favorise la progression tumorale.
Fusobacterium nucleatum est également
associée à des maladies extra-orales telles que l’appendicite, les abcès
cérébraux et des complications de grossesse, y compris les naissances
prématurées.
F. nucleatum n’est pas une bactérie carcinogène,
c’est-à-dire induisant à elle seule l’apparition d’un cancer. Il s’agit d’une
espèce qui participe à la progression d'un cancer colorectal déjà établi.
*d’autres
études n’ont pas permis de mettre en évidence un enrichissement en F.
nucleatum dans les carcinomes colorectaux humains. Cette bactérie est
également associée à d’autres types de cancers tels que ceux touchant le
pancréas, le sein et l’œsophage.
Une
étude publiée en 2019 a mis en lumière l’utilisation d’un bactériophage pour
éliminer F. nucleatum de tumeurs colorectales de souris tout
en améliorant le traitement chimiothérapeutique ciblant les cellules
cancéreuses.
|
Bactériophage : virus bactériens, sont
des virus qui n'infectent que des bactéries… Dans un
millilitre d'eau de mer, on compte près de 50 millions de bactériophages. |
*Deux bactéries
commensales du microbiote intestinal, souvent retrouvée chez l'animal et
l'homme. Elles jouent un rôle
bénéfique majeur en oncologie en renforçant la réponse immunitaire (Th17) et en
améliorant l'efficacité de la chimiothérapie et une meilleure réponse aux
immunothérapies.
Les deux bactéries sont :
- Barnesiella intestinihominis (𝐵.𝑖𝑛𝑡𝑒𝑠𝑡𝑖𝑛𝑖ℎ𝑜𝑚𝑖𝑛𝑖𝑠)
- Enterococcus
hirae (E. hirae)
Zoom sur la bactérie
Barnesiella intestinihominis…
Barnesiella intestinihominis est une bactérie anaérobie à Gram négatif bénéfique, commensale
de l'intestin, dont la présence est associée à une meilleure réponse aux immunothérapies
contre le cancer, notamment en favorisant l'efficacité de la chimiothérapie… isolée pour la
première fois à partir de selles humaines, qui attire l'attention en recherche
médicale pour son rôle dans le microbiote intestinal.
Les bienfaits de la bactérie :
·
améliore l'efficacité de certaines
chimiothérapies, notamment le cyclophosphamide.
·
potentialise la réponse immunitaire anti-tumorale
en conjonction avec le cyclophosphamide.
La présence de cette bactérie est associée à une meilleure réponse au
traitement et une survie prolongée.
·
favorise l'infiltration
de lymphocytes T spécifiques dans les tumeurs, augmentant la survie sans
progression chez les patients atteints de cancers du poumon ou de l'ovaire.
·
réduit significativement l'hyperglycémie et améliore
les troubles métaboliques hépatiques, comme la stéatose hépatique, en stimulant
le microbiote intestinal bénéfique et en produisant de l'acétate. On constate
une carence de cette bactérie chez les patients atteints de diabète de type 2
(DT2).
·
stimule la croissance des bactéries
bénéfiques, telles que Ligilactobacillus, et réduit celle des bactéries
pathogènes comme Lachnoclostridium.
·
Amélioration de la barrière
intestinale : renforce la barrière intestinale en augmentant l’expression
des protéines des jonctions serrées.
·
réduisant les facteurs inflammatoires
(p. ex., TNF-α, IL-6).
Comment favoriser la croissance de cette bactérie ?
Les
prébiotiques, qui sont des fibres alimentaires non digestibles (inuline,
fructo-oligosaccharides/FOS), servent de substrat pour nourrir les bactéries
bénéfiques du microbiote, y compris potentiellement B. intestinihominis.
Les prébiotiques, en
optimisant la santé du microbiote, aident à maintenir cette population
bactérienne nécessaire.
Une alimentation riche en
prébiotiques (légumes, fruits, céréales complètes) favorise un environnement
intestinal sain, permettant à des bactéries bénéfiques comme B. intestinihominis de
croître et de mieux remplir leur rôle immunitaire.
Sources de prébiotiques pour
le microbiote :
·
Ail, oignon, poireau, asperge, topinambours.
·
Bananes (surtout légèrement vertes).
·
Chicorée (racine), cacao.
·
fruits, légumes ,Légumineuses, céréales complètes.
·
La puérarine, un composant de
la médecine traditionnelle, présente un potentiel en tant que prébiotique en
favorisant la croissance de B.
intestinihominis
pour améliorer les dysfonctionnements métaboliques.
En
résumé, consommer des prébiotiques aide à "nourrir" le microbiote
intestinal, soutenant indirectement des bactéries comme B.
intestinihominis qui jouent un rôle clé dans la défense immunitaire et l'augmentation des niveaux de B. intestinihominis pourrait constituer une
stratégie probiotique efficace pour gérer l'hyperglycémie et les problèmes
métaboliques liés au foie chez les personnes diabétiques.
Zoom sur la bactérie Enterococcus hirae…
L’enterococcus hirae est une bactérie commensale du microbiote
intestinal qui joue un rôle de "booster" (stimulateur) immunitaire,
notamment en renforçant l'efficacité de certains traitements de chimiothérapie.
*Des études (comme indiqué
dans cet article de l'Institut Pasteur) ont montré que E.
hirae renforce la réponse immunitaire naturelle
contre les tumeurs. Elle favorise l'efficacité de la cyclophosphamide et des inhibiteurs de
point de contrôle immunitaire (anti-PD1) en stimulant les lymphocytes T
cytotoxiques.
Santé Intestinale : Cette bactérie aide à
l'équilibre du microbiote, peut inhiber la colonisation par des bactéries
indésirables (comme E.
coli) et renforcer la barrière intestinale.
Bien qu'elle puisse être un pathogène opportuniste, elle joue
un rôle bénéfique majeur en oncologie en renforçant la réponse immunitaire
(Th17) et en améliorant l'efficacité de la chimiothérapie, notamment en
association avec Barnesiella intestinihominis.
Comment accroitre cette bactérie ?
Régime riche en fibres : Une alimentation riche en aliments d’origine
végétale, notamment en légumes, fruits, noix et graines, fournit les nutriments
nécessaires au maintien d’un microbiote intestinal diversifié, incluant les
espèces d’Enterococcus.
Aliments fermentés : La consommation d’aliments fermentés comme le
yaourt, le kéfir, la choucroute et le kimchi peut introduire des bactéries
lactiques bénéfiques et, selon les recherches, accroître la diversité du
microbiome.
Prébiotiques spécifiques : Des études indiquent que certains composés,
tels que les exopolysaccharides de glucane (EPS), peuvent agir comme
prébiotiques pour stimuler sélectivement la croissance des bactéries
bénéfiques.
Éviter l’usage excessif d’antibiotiques : Un usage inutile d’antibiotiques
peut détruire les micro-organismes bénéfiques, notamment E. hirae
Association de B. intestinihominis avec Enterococcus
hirae)…
Impact sur les
chimiothérapies : Des études ont montré
que B. intestinihominis (en association avec Enterococcus
hirae) renforce l'efficacité de certains traitements anticancéreux,
notamment le cyclophosphamide.
Elle favorise l'infiltration intratumorale de cellules T spécifiques
(CD8+/Treg), stimulant ainsi l'immunité contre les tumeurs.
Plusieurs modèles
précliniques ont permis aux chercheurs de démontrer que la réponse immunitaire
anti-tumorale induite par le cyclophosphamide
est optimisée après l’administration par voie orale de E. hirae. Un traitement par voie orale
par B.
intestinihominis a permis d’obtenir un effet similaire.
B. intestinihominis agit de concert
avec Enterococcus
hirae pour optimiser la réponse immunitaire contre le cancer.
Traitements :
La transplantation
de microbiote fécal (TMF) est une
procédure médicale consistant à transférer les bactéries fécales d'un donneur
sain vers l'intestin d'un patient.
*Des recherches
récentes identifient cette bactérie spécifique (B. intestinihominis ) comme un acteur clé dans l'efficacité de la
TMF, favorisant l'immunité anti-tumorale et l'amélioration des troubles
métaboliques (diabète de type 2).
·
Procédure : Les
selles du donneur sont préparées, filtrées, et administrées via une coloscopie,
un lavement, une sonde naso-gastrique, ou sous forme de gélules.
·
Sécurité : La
sélection des donneurs est très stricte pour éviter la transmission de
pathogènes (VIH, hépatites, bactéries multirésistantes), la TMF étant
considérée comme un médicament.
|
Le cyclophosphamide est un
agent alkylant puissant (famille des moutardes azotées) utilisé comme chimiothérapie
anticancéreuse et immunosuppresseur. Il détruit les
cellules à division rapide en endommageant leur ADN. Il traite les lymphomes,
leucémies, cancers du sein/ovaire, et maladies auto-immunes sévères (lupus,
vascularites)… il est particulièrement utilisé contre
la progression du cancer colorectal. ce médicament est
administré par voie orale ou intraveineuse, souvent sous le nom commercial Endoxan.
Il est crucial d'assurer une contraception efficace pendant et après le
traitement. Principales indications
traitées par Cyclophosphamide : ·
Cancers : Lymphomes
(Hodgkin et non-hodgkinien), leucémies (chroniques et aiguës), myélome
multiple, cancer du sein, de l'ovaire, et certains cancers du poumon. ·
Maladies auto-immunes et systémiques : Lupus érythémateux systémique, polyarthrite
rhumatoïde, vascularites sévères. ·
Autres : Préparation à la greffe de moelle
osseuse (conditionnement). Effets secondaires et
précautions : ·
Myélosuppression : Baisse des globules blancs, rouges et plaquettes. ·
·
Toxicité vésicale : Risque de cystite hémorragique (nécessite une
hyperhydratation). ·
Alopécie : Perte de
cheveux fréquente. Toxicité reproductive : Risque d'infertilité( temporaire ou
permanente), aménorrhée (arrêt des
règles) et tératogénicité (danger pour
le fœtus), ménopause précoce chez la femme, et baisse de la production de
spermatozoïdes chez l'homme. Des effets à long terme comme l'infertilité sont également
possibles. ·
·
Urotoxicité : Risque de
cystite hémorragique (sang dans les urines, brûlures), nécessitant une
surveillance. ·
·
Autres effets : Le cyclophosphamide est une chimiothérapie puissante dont les effets
secondaires fréquents incluent nausées, vomissements, alopécie (chute de cheveux), et une baisse
des cellules sanguines (infections, anémie).
Une toxicité vésicale (cystite hémorragique) est possible, nécessitant une
bonne hydratation. ·
Fatigue, vertiges, vision trouble, hyponatrémie
(taux de sodium bas), et parfois une modification de la couleur de la peau ou
des ongles. ·
Risques à long terme : Possibilité de cancers secondaires (rare). Il est crucial de
signaler rapidement au médecin tout saignement, fièvre, ou douleur
inhabituelle. Conseil : Une
alimentation riche en fibres est généralement recommandée pour soutenir le
microbiote durant les traitements. |
Amicalement à vous !
Ch.Mustapha
Laouedj : Conseiller en phytothérapie et herboriste.
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