lundi 27 avril 2026

Deux bactéries intestinales contre le cancer…

 



Le microbiote intestinal influence fortement l'efficacité et la toxicité de la chimiothérapie.

La chimiothérapie altère la barrière intestinale et réduit la diversité du microbiote, entraînant des effets secondaires.

 Le microbiote peut optimiser la réponse anti-tumorale de la chimiothérapie, notamment par la translocation de bactéries spécifiques dans la circulation sanguine qui active l'immunité.

Inversement, une flore perturbée peut diminuer l'efficacité des médicaments ou augmenter la chimiorésistance, par exemple avec Fusobacterium nucleatum présente dans la flore orale humaine ainsi que dans le tractus intestinal, est impliquée dans la progression du cancer colorectal. (=En stimulant la prolifération des cellules cancéreuses et en diminuant l'activité des lymphocytes T cytotoxiques, F. nucleatum y favorise la progression tumorale.

Fusobacterium nucleatum est également associée à des maladies extra-orales telles que l’appendicite, les abcès cérébraux et des complications de grossesse, y compris les naissances prématurées.

F. nucleatum n’est pas une bactérie carcinogène, c’est-à-dire induisant à elle seule l’apparition d’un cancer. Il s’agit d’une espèce qui participe à la progression d'un cancer colorectal déjà établi.

*d’autres études n’ont pas permis de mettre en évidence un enrichissement en F. nucleatum dans les carcinomes colorectaux humains. Cette bactérie est également associée à d’autres types de cancers tels que ceux touchant le pancréas, le sein et l’œsophage.

Une étude publiée en 2019 a mis en lumière l’utilisation d’un bactériophage pour éliminer F. nucleatum de tumeurs colorectales de souris tout en améliorant le traitement chimiothérapeutique ciblant les cellules cancéreuses.

Bactériophage : virus bactériens, sont des virus qui n'infectent que des bactéries… Dans un millilitre d'eau de mer, on compte près de 50 millions de bactériophages.

 

*Deux bactéries commensales du microbiote intestinal, souvent retrouvée chez l'animal et l'homme. Elles jouent un rôle bénéfique majeur en oncologie en renforçant la réponse immunitaire (Th17) et en améliorant l'efficacité de la chimiothérapie et une meilleure réponse aux immunothérapies.

Les deux bactéries sont :

Barnesiella intestinihominis (𝐵.𝑖𝑛𝑡𝑒𝑠𝑡𝑖𝑛𝑖𝑜𝑚𝑖𝑛𝑖𝑠)

- Enterococcus hirae (E. hirae)

Zoom sur la bactérie  Barnesiella intestinihominis

Barnesiella intestinihominis est une bactérie anaérobie à Gram négatif bénéfique, commensale de l'intestin, dont la présence est associée à une meilleure réponse aux immunothérapies contre le cancer, notamment en favorisant l'efficacité de la chimiothérapie… isolée pour la première fois à partir de selles humaines, qui attire l'attention en recherche médicale pour son rôle dans le microbiote intestinal.

 

Les bienfaits de la bactérie :

·         améliore l'efficacité de certaines chimiothérapies, notamment le cyclophosphamide.

·         potentialise la réponse immunitaire anti-tumorale en conjonction avec le cyclophosphamide. La présence de cette bactérie est associée à une meilleure réponse au traitement et une survie prolongée.

·         favorise l'infiltration de lymphocytes T spécifiques dans les tumeurs, augmentant la survie sans progression chez les patients atteints de cancers du poumon ou de l'ovaire. 

·         réduit significativement l'hyperglycémie et améliore les troubles métaboliques hépatiques, comme la stéatose hépatique, en stimulant le microbiote intestinal bénéfique et en produisant de l'acétate. On constate une carence de cette bactérie chez les patients atteints de diabète de type 2 (DT2).

·         stimule la croissance des bactéries bénéfiques, telles que Ligilactobacillus, et réduit celle des bactéries pathogènes comme Lachnoclostridium.

·         Amélioration de la barrière intestinale : renforce la barrière intestinale en augmentant l’expression des protéines des jonctions serrées.

·         réduisant les facteurs inflammatoires (p. ex., TNF-α, IL-6).

Comment favoriser la croissance de cette bactérie ?

 

Les prébiotiques, qui sont des fibres alimentaires non digestibles (inuline, fructo-oligosaccharides/FOS), servent de substrat pour nourrir les bactéries bénéfiques du microbiote, y compris potentiellement B. intestinihominis.

Les prébiotiques, en optimisant la santé du microbiote, aident à maintenir cette population bactérienne nécessaire.

 

Une alimentation riche en prébiotiques (légumes, fruits, céréales complètes) favorise un environnement intestinal sain, permettant à des bactéries bénéfiques comme B. intestinihominis de croître et de mieux remplir leur rôle immunitaire.

 

Sources de prébiotiques pour le microbiote :

 

·         Ail, oignon, poireau, asperge,  topinambours.

·         Bananes (surtout légèrement vertes).

·         Chicorée (racine), cacao.

·         fruits, légumes ,Légumineuses, céréales complètes. 

·         La puérarine, un composant de la médecine traditionnelle, présente un potentiel en tant que prébiotique en favorisant la croissance de B. intestinihominis pour améliorer les dysfonctionnements métaboliques.

 

En résumé, consommer des prébiotiques aide à "nourrir" le microbiote intestinal, soutenant indirectement des bactéries comme B. intestinihominis qui jouent un rôle clé dans la défense immunitaire et l'augmentation des niveaux de B. intestinihominis pourrait constituer une stratégie probiotique efficace pour gérer l'hyperglycémie et les problèmes métaboliques liés au foie chez les personnes diabétiques.

Zoom sur la bactérie Enterococcus hirae

L’enterococcus hirae est une bactérie commensale du microbiote intestinal qui joue un rôle de "booster" (stimulateur) immunitaire, notamment en renforçant l'efficacité de certains traitements de chimiothérapie.

*Des études (comme indiqué dans cet article de l'Institut Pasteur) ont montré que E. hirae renforce la réponse immunitaire naturelle contre les tumeurs. Elle favorise l'efficacité de la cyclophosphamide et des inhibiteurs de point de contrôle immunitaire (anti-PD1) en stimulant les lymphocytes T cytotoxiques.

Santé Intestinale : Cette bactérie aide à l'équilibre du microbiote, peut inhiber la colonisation par des bactéries indésirables (comme E. coli) et renforcer la barrière intestinale.

Bien qu'elle puisse être un pathogène opportuniste, elle joue un rôle bénéfique majeur en oncologie en renforçant la réponse immunitaire (Th17) et en améliorant l'efficacité de la chimiothérapie, notamment en association avec Barnesiella intestinihominis.

Comment accroitre cette bactérie ?

Régime riche en fibres : Une alimentation riche en aliments d’origine végétale, notamment en légumes, fruits, noix et graines, fournit les nutriments nécessaires au maintien d’un microbiote intestinal diversifié, incluant les espèces d’Enterococcus.

Aliments fermentés : La consommation d’aliments fermentés comme le yaourt, le kéfir, la choucroute et le kimchi peut introduire des bactéries lactiques bénéfiques et, selon les recherches, accroître la diversité du microbiome.

Prébiotiques spécifiques : Des études indiquent que certains composés, tels que les exopolysaccharides de glucane (EPS), peuvent agir comme prébiotiques pour stimuler sélectivement la croissance des bactéries bénéfiques.

Éviter l’usage excessif d’antibiotiques : Un usage inutile d’antibiotiques peut détruire les micro-organismes bénéfiques, notamment E. hirae

Association de B. intestinihominis avec Enterococcus hirae)

Impact sur les chimiothérapies : Des études ont montré que B. intestinihominis (en association avec Enterococcus hirae) renforce l'efficacité de certains traitements anticancéreux, notamment le cyclophosphamide. Elle favorise l'infiltration intratumorale de cellules T spécifiques (CD8+/Treg), stimulant ainsi l'immunité contre les tumeurs.

 

Plusieurs modèles précliniques ont permis aux chercheurs de démontrer que la réponse immunitaire anti-tumorale induite par le cyclophosphamide est optimisée après l’administration par voie orale de E. hirae. Un traitement par voie orale par B. intestinihominis a permis d’obtenir un effet similaire.

 

B. intestinihominis agit de concert avec Enterococcus hirae pour optimiser la réponse immunitaire contre le cancer.

 

Traitements :

La transplantation de microbiote fécal (TMF) est une procédure médicale consistant à transférer les bactéries fécales d'un donneur sain vers l'intestin d'un patient. 

*Des recherches récentes identifient cette bactérie spécifique (B. intestinihominis ) comme un acteur clé dans l'efficacité de la TMF, favorisant l'immunité anti-tumorale et l'amélioration des troubles métaboliques (diabète de type 2).

 

·         Procédure : Les selles du donneur sont préparées, filtrées, et administrées via une coloscopie, un lavement, une sonde naso-gastrique, ou sous forme de gélules.

·         Sécurité : La sélection des donneurs est très stricte pour éviter la transmission de pathogènes (VIH, hépatites, bactéries multirésistantes), la TMF étant considérée comme un médicament.

 

Le cyclophosphamide est un agent alkylant puissant (famille des moutardes azotées) utilisé comme chimiothérapie anticancéreuse et immunosuppresseur.

 

Il détruit les cellules à division rapide en endommageant leur ADN. Il traite les lymphomes, leucémies, cancers du sein/ovaire, et maladies auto-immunes sévères (lupus, vascularites)… il est particulièrement utilisé contre la progression du cancer colorectal.

 

ce médicament est administré par voie orale ou intraveineuse, souvent sous le nom commercial Endoxan. Il est crucial d'assurer une contraception efficace pendant et après le traitement.

 

Principales indications traitées par Cyclophosphamide :

 

·         Cancers : Lymphomes (Hodgkin et non-hodgkinien), leucémies (chroniques et aiguës), myélome multiple, cancer du sein, de l'ovaire, et certains cancers du poumon.

·         Maladies auto-immunes et systémiques : Lupus érythémateux systémique, polyarthrite rhumatoïde, vascularites sévères.

·         Autres :

 Préparation à la greffe de moelle osseuse (conditionnement).

 

Effets secondaires et précautions :

 

·         Myélosuppression : Baisse des globules blancs, rouges et plaquettes.

·          

·         Toxicité vésicale : Risque de cystite hémorragique (nécessite une hyperhydratation).

·         Alopécie : Perte de cheveux fréquente.

Toxicité reproductive : Risque d'infertilité( temporaire ou permanente),  aménorrhée (arrêt des règles)  et tératogénicité (danger pour le fœtus), ménopause précoce chez la femme, et baisse de la production de spermatozoïdes chez l'homme. Des effets à long terme comme l'infertilité sont également possibles.

·          

·         Urotoxicité : Risque de cystite hémorragique (sang dans les urines, brûlures), nécessitant une surveillance.

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·         Autres effets : 

 

Le cyclophosphamide est une chimiothérapie puissante dont les effets secondaires fréquents incluent nausées, vomissements, alopécie (chute de cheveux), et une baisse des cellules sanguines (infections, anémie). Une toxicité vésicale (cystite hémorragique) est possible, nécessitant une bonne hydratation.

·          Fatigue, vertiges, vision trouble, hyponatrémie (taux de sodium bas), et parfois une modification de la couleur de la peau ou des ongles.

·         Risques à long terme : Possibilité de cancers secondaires (rare).

Il est crucial de signaler rapidement au médecin tout saignement, fièvre, ou douleur inhabituelle.

 

Conseil : Une alimentation riche en fibres est généralement recommandée pour soutenir le microbiote durant les traitements.

 

Amicalement à vous !

Ch.Mustapha Laouedj : Conseiller en phytothérapie et herboriste.  

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